Tesla divulgue 100 millions de kilomètres de données FSD secrètes et force un vote de l'UE
Le constructeur automobile a contourné les régulateurs qui protégeaient ses secrets d'affaires pour prouver que son réseau de neurones provoque 4,1 fois moins d'accidents que les conducteurs humains.

Pendant des mois, le régulateur routier néerlandais a fermement protégé du public les données de sécurité de Tesla, invoquant la nécessité de préserver des secrets d'affaires commercialement sensibles. Tesla a donc contourné le gouvernement qui la protégeait et a divulgué les données elle-même. Frustré par la lenteur de l'adoption en Europe, le constructeur automobile a unilatéralement publié en open source un tableau de bord massif retraçant 100 millions de kilomètres de conduite sur les routes publiques de l'UE, tentant ainsi de forcer un vote à l'échelle du continent sur le Full Self-Driving.
Le pari du 4,1x
Le tableau de bord publié par Tesla sur X raconte une histoire bien précise: une Tesla fonctionnant avec le FSD Supervised est nettement moins susceptible d'avoir un accident qu'une Tesla en conduite manuelle sur les mêmes routes.
Dans les cinq pays où le FSD est actuellement actif via une obscure dérogation, le système n'a enregistré que 12 collisions. Les Tesla en conduite manuelle en ont enregistré 627 sur un périmètre similaire. Tesla a juxtaposé ces 12 collisions à un bilan bien plus sombre: les pays européens ont enregistré 19 400 morts sur les routes l'année dernière, soit environ 53 décès évitables par jour.
Selon les anciennes règles des Nations Unies régissant l'Europe, les logiciels automobiles doivent être déterministes. Si une voiture rencontre un obstacle spécifique, le code doit dicter exactement sa réaction. Le FSD de Tesla, basé sur un réseau de neurones, fonctionne de manière probabiliste, interprétant les scènes de rue à la manière d'un cerveau biologique. Selon la lettre de la loi des années 1990, il est techniquement illégal. Tesla a brisé la digue en obtenant une dérogation nationale temporaire aux Pays-Bas, mais son extension aux 27 États membres nécessitera une bataille politique féroce.
Le défi aux gendarmes de la route

La campagne de lobbying de Tesla a divisé les ministères européens des Transports, opposant les politiques à leurs propres agences de sécurité. En Suède, l'autorité nationale de la sécurité routière a officiellement exhorté l'UE à voter contre le FSD car le système est physiquement capable de dépasser les limites de vitesse. Le ministre suédois des Infrastructures, Andreas Carlson, a immédiatement désavoué sa propre agence.
“Le point de départ et l'ambition du gouvernement sont qu'une approbation à l'échelle de l'Union pour les systèmes avancés d'aide à la conduite tels que le FSD de Tesla soit mise en place.”— Andreas Carlson
La France représente un obstacle encore plus important. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a publiquement douté de la maturité du logiciel, ce qui a donné lieu à un appel vidéo avec Elon Musk. Philippe Tabarot en est reparti avec une concession: le gouvernement français dispose désormais de deux véhicules équipés du FSD pour mener des tests routiers indépendants en conditions réelles tout au long du mois de septembre. Ils veulent vérifier les calculs de Tesla avant que le Comité technique pour les véhicules à moteur de l'UE ne procède à un vote contraignant à l'échelle du bloc le 6 octobre. Mais les experts indépendants préviennent que ces calculs pourraient bien ne pas poser la bonne question.
L'illusion statistique
Les sceptiques soulignent une faille béante dans la comparaison entre les kilomètres parcourus de manière autonome et ceux parcourus par des humains. Les conducteurs humains activent généralement les systèmes d'aide à la conduite dans des conditions optimales: temps clair, autoroutes bien balisées et trafic prévisible. Lorsqu'un blizzard survient ou qu'un centre-ville devient chaotique, les conducteurs reprennent le volant. Si le logiciel ne conduit que lorsque c'est facile, et que les humains gèrent les trajets les plus difficiles, l'affirmation d'une sécurité 4,1 fois supérieure est artificiellement gonflée.
Cette tension statistique sera au cœur du vote du 6 octobre. Tesla a besoin du soutien de 15 États représentant 65% de la population de l'UE pour réécrire les règles des routes européennes. S'ils réussissent, les réseaux de neurones remplaceront légalement les codes déterministes. S'ils échouent, les conducteurs européens resteront privés du logiciel le plus avancé du secteur. Quoi qu'il en soit, l'époque où les régulateurs protégeaient discrètement les données de conduite autonome est révolue. Les logiciels évoluent trop vite pour les secrets.
Ce que les gens en disent
“🔥🇪🇺 Tesla just published a massive FSD safety evidence dashboard for European countries! FSD (Supervised) approval in Europe is now targeted for October 6. Some of the numbers are wild: ✅ ~2 billion miles driven with FSD in 2025 ✅ 40–69% fewer major collisions vs. manual +”

“An update on FSD Supervised in Europe FSD is currently approved in five EU countries (NL, DK, BE, EE, LT), used by >70k customers for over 1 million km per day, and is 4.1x less likely to get into a crash compared to manual driving, measured across 100 million km on public EU”
“Tesla just published their "FSD Evidence Dashboard" underlying their FSD application in Europe. Link to the dashboard: "European countries recorded 19,400 road deaths in 2025. That's around 53 deaths/day, with the vast majority of these crashes”
Tesla's Gamble to Legalize FSD
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